Alliance Francaise

8 mars 2026

Nous sommes bloqués sur Bangkok, tous les vols en transit par Dubaï, ayant été annulés. Mon fils lit Harry Potter, les vacances étant prolongées, je pense aller a la librairie de l’alliance française de Bangkok pour acheter, ou emprunter le tome suivant. Je m’attends à trouver un bâtiment modeste, adapté à sa fonction. Qui n’a pas le rôle d’une ambassade, cohérent avec la situation actuelle de notre pays, pas brillante. Je m’attends également à trouver, un bâtiment en situation de crise, avec la  gestion de l’urgence de rapatriement des milliers de français, abandonnés, a qui on demande des sommes exorbitantes pour rentrer « au pays ».

Je prends donc le chemin de l’alliance française a côté du parc Lumphini, quartier des buildings et des condominiums  de luxe. Au bout d’un chemin surveillé, le bâtiment, immense se dresse, paré d’une belle vêture ajourée, assez réussie. Il y a au rez de chaussée un bar restaurant français, le « Bonjour, Bonsoir », désert et totalement en décalage avec son contexte. Je passe la porte d’entrée du bâtiment, une impression de déjà vu m’assaille.

Saleté des murs, du sol, mobilier éparpillé et dépareillé, finition des travaux déplorable. Je me dirige vers le restaurant pour boire un café, je me fais virer. Quelques affiches fixées avec des punaises sur les murs, programmes TV, annonce pour une piece de théâtre, bref, pas grand chose. Ni accueil, ni signalétique, pas un bonjour, rien.

Au milieu de ce foutoir a quelques dizaines de millions d’euros, quelques humains déambulent, bien proprets. Vêtus avec de petits polos bleu marine, siglés AF (Alliance Francaise). Arborant cet air, propre a tous ceux qui « travaillent » dans nos administrations et « services publics ». En deux mots, « l’air de n’en avoir rien a foutre » et d’en être très heureux.

Cette impression, c’est celle que je ressent qu’en je passe la porte d’un théâtre, d’une école, de la Poste, d’une gare… Une sensation de laisser aller, d’un total manque d’implication dans sa tâche. Voir que la dégradation de son outil de travail, ne concerne personne. Qu’un employé peut passer devant une salissure toute une journée, sans jamais se sentir concerné.

C’est aussi, le constat d’une commande publique totalement déconnectée de la réalité, où on commande des bâtiments « boîtes », avec de belles vetures, au prix de plusieurs dizaines de millions d’euros. Mais sans aucune âme, aucune logique de fonctionnement, de réelle utilité. Mal conçues, inadaptées, mal réalisées. Qui reflèteront juste l’ego du commanditaire, ou du « haut fonctionnaire » en charge à ce moment-là. Que l’on va peupler d’un personnel qui sera plus une charge, qu’un véritable atout pour la collectivité.

Ce bâtiment, c’est l’image de la France, une belle boîte, mais rien dedans. Comment en est-on arrivé là?